
C’est l’un des enseignements des 28e Rencontres de la Transition énergetique de la FEDENE.
Une bonne nouvelle quant on sait que 60% de la chaleur est d’origine fossile. Problème, cette « dynamique historique sur tous les territoires » des projets d’origine renouvelables et de récupération, soulignée par le nouveau Président de FEDENE Pascal Guillaume, pourrait être enrayée par la sévère coupe budgétaire envisagée par le nouveau gouvernement sur le fonds chaleur de l'ADEME C’est le deuxième enseignement de cette journée.
Et ce ne sont pas les propos de la ministre déléguée à l’énergie, présente en ouverture du congrès, qui auront rassuré les acteurs de la filière. Olga Givernet a évoqué « une baisse de nos moyens », « pour nous relancer ensuite ». Mais sans précision sur l’horizon de ce rebond. La ministre est pourtant convaincue du rôle « majeur de la chaleur renouvelable » dans le défi climatique.
Il faudrait 1,5 milliards d’euros pour être au rdv de tous les projets, ont rappelé les acteurs du secteur qui attendent de la visibilité. Un message reçu 5 sur 5 par Sylvain Waserman, le président de l'ADEME présent sur ces Rencontres, qui a signé depuis une tribune dans Les Echos pour défendre le fonds chaleur :« L'effet de levier des 4 milliards d'argent public, investis depuis le lancement du fonds chaleur renouvelable opéré par l'ADEME, a enclenché 14 milliards d'euros d'investissements au total en infrastructures d'énergies souveraines et renouvelables. Enfin, chiffres à l'appui, jamais l'euro public investi n'a eu un tel impact en termes de tonnes de carbone évitées : 36 euros la tonne de CO2 évitée grâce au fonds chaleur », souligne Sylvain Waserman avant d'ajouter que « diminuer de plus d'un tiers ces investissements d'avenir ne signifierait pas seulement ralentir un peu mais donnerait un véritable coup d'arrêt à des politiques publiques qui donnent des résultats factuels et mesurables. Cela engendrerait une « année blanche » pour les nouveaux projets de réseaux de chaleur des collectivités, pour de nombreux projets de décarbonation de nos entreprises qui les reporteront, au risque de voir leurs concurrents étrangers se décarboner plus vite qu'eux, ou pour des multinationales qui investiront dans leurs projets décarbonés ailleurs, dans l'un des nombreux pays où les subventions sont massives ».
